Day Of The Dead 2 : Contagium (Ana Clavell et James Dudelson, 2004)

Réalisateur : Ana Clavell
Origine : États-Unis
Année de production : 2004
Durée : 1h43
Distributeur : Taurus Entertainment Company
Interdiction : Interdit aux moins de 16 ans
Interprètes : Laurie Baranyay, Justin Ipock, Stephan Wolfert, Julian Thomas

Alors que le docteur Donwynn et quelques-uns des patients du Romero Memorial Hospital sont en train de nettoyer un ravin, ils découvrent une étrange boîte contenant un objet irradiant. La contamination est immédiate et les symptômes spectaculaires : perte de lambeaux de peau, apparition de furoncles, sécrétion d’une substance noirâtre et visqueuse, dilatation des pupilles, … Ils sont contaminés par un étrange virus, qui les transforme en zombies et les amènent à dévorer de la chair humaine. L’armée est chargée de contenir l’épidémie.

Qui aurait cru qu’un film aussi génial que Day Of The Dead engendrerait une fausse suite aussi merdique que ce Day Of The Dead 2 : Contagium ? Je dis bien « fausse » car, comme vous allez pouvoir le constater, cette petite série B sans talent ni originalité n’entretient strictement aucun rapport avec le troisième et meilleur volet de la saga Of The Dead. Outre son titre tape-à-l’œil (opportuniste ? nooon…) laissant logiquement supposer une séquelle (sachant qu’il en existe déjà une intitulée Land Of The Dead), il s’agit en réalité d’une sorte de préquelle à l’œuvre de George A. Romero censée expliquer à la place de Night Of The Living Dead (pas prétentieuse en plus, la Ana Clavell) comment l’invasion zombiesque a commencé, en se focalisant sur le quotidien d’un petit hôpital psychiatrique dénommé le « Romero Memorial Hospital »… Hommage raté, à vrai dire. Non seulement vain et inutile, ce projet opportuniste et hypocrite n’a décidément rien pour lui : lent, creux, inintéressant, fauché et mal joué, Day Of The Dead 2 est à Day Of The Dead ce que Zombie 3, 4 et 5 étaient à Dawn Of The Dead dans les années 70 et 80.

Après une scène d’introduction atrocement longue qui ne parvient pas une seule seconde à nous plonger dans l’ambiance qu’il n’y a pas, nous faisons la connaissance des cinq personnages principaux (quatre patients et un docteur), tous plus vides et stéréotypés les uns que les autres, sans parler du non-jeu des acteurs, résolument mauvais. S’il ne transparait du comportement des patients aucun symptôme quel qu’il soit d’une éventuelle pathologie (on dirait juste des abrutis), il demeure encore plus difficile de croire ne serait-ce qu’un seul instant au statut de psychiatre de docteur Donwynn (Stephan Wolfert). En même temps, tout s’explique : un rouquin-surfer en chemise à fleurs, ça vous parait crédible, à vous ? C’est donc sans aucun intérêt que nous suivons leurs minables péripéties : la découverte fortuite d’une espèce de thermos vert contenant le virus de la « zombie-attitude » (« J’ai trouvé un trésoooor ! ») ; une histoire d’amour insupportablement gnangnan avec une suicidaire dégottée au marché aux puces sur laquelle fantasme le cliché ambulant d’une lesbienne frustrée ; et, bien sûr, leur transformation progressive en zombies de pacotille.

Parlons-en d’ailleurs, de cette transformation, puisque le film se montre assez insistant voire même carrément lourdingue sur ce passage… Elle prend des proportions énormes en termes de temps narratif pour… Rien. Ridicule, profondément ennuyeuse et servie par des effets spéciaux encore plus cheap qu’un épisode de Chair de Poule, la métamorphose zombiesque est tout juste bonne à enfoncer un peu plus le film dans les abymes sans fin de la nullité. Et le stade final tant attendu est, comment dire, pathétique ? Pire que ça : un croisement hybride entre les vampires de Buffy et le steak haché qui repose au rayon boucherie de mon supermarché préféré. Sans déconner, j’ai rarement vu pire que les morts-vivants de Day Of The Dead 2… Le zombie « ultime » du film, le méchant surveillant moustachu et libidineux tout droit sorti d’un épisode de Walker Texas Ranger, n’est rien de plus qu’un amas de viande (… hachée ?) sanguinolent qui pousse des cris de fauve en mettant trois plombes pour assassiner ses victimes. Quant aux autres, eh bien, ils se contentent de pousser des vagissements (certains privilégiés ont même l’étrange capacité de parler, on se demande bien pourquoi…) en claudiquant ou en frottant leurs têtes contre le cou ou l’abdomen de leurs proies pour donner la vague impression de les dévorer. Les actions censées être « chocs » sont elles aussi horriblement mal foutues : « headshots » à répétition sans qu’aucun impact de balles ne viennent s’inscrire sur les fronts ; mauvais timing des giclées de sang, sang qui d’ailleurs recouvre le corps des morts mais qui ne provient d’aucune sorte de blessure, etc. ; le tout servi par des interprétations en dessous de zéro des innombrables figurants inutiles.

Mais le pire reste sans nul doute la tentative désespérée de Day Of The Dead 2 pour tenter de nous faire croire à son histoire d’hôpital psychiatrique… C’est simple, rien n’est crédible dans ce film, et encore moins ce qui est censé se dérouler à l’hôpital : des patients grimaçants pour faire croire à la folie, en passant par les infirmières et les surveillants caricaturaux au comportement tout sauf professionnel, sans parler des docteurs en bois pas foutus de sortir un seul terme du jargon psychiatrique (le méchant aux lunettes- nœud pap’ qui se tient comme Mr Burns dans The Simpsons est particulièrement gratiné) ; il demeure tout simplement impossible de se faire prendre à ce jeu de dupes. Un autre détail exaspérant, c’est la fâcheuse tendance de l’un des héros à lire ses passages préférés d’un bouquin de philo par l’intermédiaire d’une voix off insupportable de niaiserie misérabiliste. A voir comme le film se montre incroyablement lourd sur ce point, on se dit que les auteurs ont vraiment du le kiffer, ce livre… Enfin, le final de Day Of The Dead 2, expédié en deux minutes après des heures de torture mentale, se montre simplement à la hauteur de tout ce qui le précède : désespérant.

Voilà donc un film qui, non content de faire fi de Night, Dawn et Land, condense tout ce qu’il y a de pire dans les mauvaises séries B et qui ne mérite pas même de figurer parmi les nanars les plus drôles de la décennie. Une véritable escroquerie naze sur toute la ligne dont la prétention n’a d’égale que son inénarrable platitude. Surtout ne vous faites pas avoir par son titre racoleur, rien ne vous fera davantage perdre votre précieux temps que cette véritable abomination audiovisuelle. A enterrer pour de bon !

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