Night Of The Livind Dead 3D (Jeff Broadstreet, 2006) [remake]

Réalisateur : Jeff Broadstreet
Origine : États-Unis
Année de production : 2006
Durée : 1h20
Distributeur : Paramount Pictures France
Interdiction : Aucune
Interprètes : Brianna Brown, Joshua DesRoches, Sid Haig, Adam Chambers

En arrivant au cimetière pour l’enterrement de leur tante, Barbara et son frère Johnny sont surpris de ne trouver personne… Leur étonnement laisse place à la panique lorsqu’ils sont soudainement agressés par des hommes et des femmes étranges qui semblent être en proie à une terrible maladie. Abandonnée par son frère qui a pris la fuite, Barbara court se réfugier dans un crematorium. La jeune femme va alors se rendre compte que tout autour d’elle, les morts se relèvent pour attaquer les vivants…

« Un hommage à la version originale de 1968 de Romero, qui prend cette fois une dimension supplémentaire pour encore plus de frissons… »

Présenté de manière plus que honteuse comme un hommage au chef-d’œuvre de George A. Romero, ce nouveau Night Of The Living Dead 3D signé Jeff Broadstreet (Sexbomb, Megalomania, Dr. Rage) est en réalité un film tout ce qu’il y a de plus commercial, n’ayant absolument plus rien à voir avec l’œuvre éponyme dont il s’est odieusement autoproclamé le remake et qui atteint un tel niveau de nullité rarissime que le qualifier d’ « hommage » relève tout bonnement d’hérésie pure et dure… D’ailleurs, je dois d’ores et déjà vous avertir, si le dvd comprend une version 2D en plus de sa version originale en 3D, ce n’est pas pour rien… Alors, soyez bienveillant envers vous-mêmes et épargnez à vos petits yeux 1h20 de torture visuelle : laissez tomber les lunettes rouges et bleues, l’abomination du film se suffit à elle-même !

En effet, si l’on commence par là, le concept tridimensionnel mis en avant par ce remake est techniquement tellement mal rendu qu’il demeure impossible pour tout être humain normalement constitué d’endurer cette terrible souffrance sensorielle jusqu’au bout. L’image est horriblement trouble (et l’obscurité dans laquelle baigne le film n’est pas pour arranger les choses), les actions sont brouillonnes et parfois même carrément illisibles ; le tout vous emportera vers un état somatiquement proche de la gueule de bois. De plus, très honnêtement, cette pseudo-3D qui n’en est encore qu’à ses balbutiements n’apporte strictement rien au film si ce n’est l’enfoncer encore plus profondément dans le marasme de médiocrité instauré par le scénario dès la séquence d’introduction.

Pour ce qui est de l’histoire (mais y en a t-il une, au juste ?) de Night Of The Living Dead 3D, elle est tout simplement absurde et ennuyeuse à en pleurer des nerfs. Les personnages ont tous été relookés selon l’air du temps (peut-être dans le but de toucher un public de teenagers vraiment débiles), et la situation principale d’enfermement spatial qui faisait toute l’efficacité de l’original se retrouve ici éclipsée au profit d’une narration au rythme lent, décousue et inintéressante. Le lâche Harry Cooper se retrouve donc transformé en grand gaillard aux bracelets à pics qui cultive de l’herbe (et dont la maîtresse est une junkie affublée du dynamisme d’une étoile de mer échouée sur la plage) ; le non plus noir mais blanc comme neige Ben (waouh, quel provocateur ce Jeff !) est un pauvre looser décérébré qui deale pour se payer ses études (ah ah, c’te blague…), et Barbara une blondasse superficielle et mono-expressive  aussi crédible que Miss France sortant un bouquin de philo. Sans parler de Judie Rose, si calme et distinguée dans le film de Romero, ici métamorphosée en pétasse hystérique à poil du début à la fin de son apparition minable à l’écran. En plus de ce ramassis de stéréotypes déplorables, le scénariste a cru bon de rajouter quelques personnages supplémentaires dont la consistance n’est pas sans rappeler les Flamby de notre enfance… Nous faisons donc la connaissance d’Owen, jeune fumeur de pétards complètement à la ramasse, et de Gerald Tovar Jr., embaumeur un brin tordu et pyrophobe.  La présence au casting du pote à Rob Zombie, Sid Haig (La Maison Aux 1000 Morts, The Devil’s Rejects, Halloween) ne contribue hélas en rien à rehausser le niveau pitoyable du film, même s’il semble néanmoins être le seul acteur à avoir un jeu potable sans que l’on s’en arrache les cheveux, il se contente quand même du minimum syndical.

A côté de cette ignominie scénaristique s’ajoute une mise en scène des plus déplorables et pas réaliste pour un sou : les scènes de lutte sont d’une mollesse tout ce qu’il y a de plus pathétique (attends, ils se battent ou ils dansent là ?), rien ne semble avoir été chorégraphié au préalable et les acteurs ont plus l’air de penser au film qui passera ce soir à la télé qu’à livrer leur meilleure performance (en même temps, on les comprend). De plus, les réactions des personnages sont toutes plus incohérentes les unes que les autres (on est trop pressés mais je vais quand même prendre le temps de me changer et d’aller faire pipi, et même de raconter toute ma vie à une inconnue, tant qu’on y est…) et le film s’attarde durant ce qui parait être une éternité sur des dialogues creux au possible et des situations caduques. Rajoutez à tout cela des scènes d’action risibles mais pas drôles du tout (l’inénarrable Judie Rose qui, poursuivie par une horde de zombies, pense tout de même à se cacher les seins, pudeur oblige), des clins d’œil foireux à l’œuvre originale (les personnages regardent Night Of The Living Dead et déclarent que « c’est un navet parce que ça finit mal »…), des interactions d’un vide intersidéral, une temporalité hyper-mal gérée (la nuit s’écoule en une heure, sans ellipses ni rien du tout) et une intrigue cousue de fil blanc, et vous aurez enfin une idée de l’épreuve physique et mentale que constitue le visionnage de ce film.

On pouvait néanmoins espérer pouvoir tabler sur de « beaux » zombies, à la fois fun et effrayants, qui peut-être pourraient nous aider à supporter ce cauchemar… Mais non ! Même là, le film réussit à rater son coup ! Le maquillage grotesque couplé à des effets spéciaux d’avant-guerre et à une gestuelle de débutant font que l’on en vient même à détester ces zombies. Ne bénéficiant d’aucune sorte de logique esthétique, leur design est de loin l’un des plus affreux de la décennie. Aussi moches qu’inutiles, les morts-vivants sont plus une sorte de décor de fond qu’un réel personnage à part entière, annihilant ainsi tout sentiment de menace imminente pourtant indispensable pour n’importe quel film de zombie. Et, outrage des outrages, Jeff Broadstreet touche définitivement le fond quand il décide de faire parler certains d’entre eux… Non, vraiment, ce film n’a rien pour lui !

Raté sur toute la ligne, insupportable, présomptueux, Night Of The Living Dead 3D cumule tous les défauts et se livre à une débauche incroyable de scènes lamentables témoignant toutes d’un très mauvais goût mais aussi et surtout d’un indéniable manque de talent. Un film à enterrer pour de bon, et qui ne mérite pas même que vous ne lui accordiez ne serait-ce qu’un seul regard. Quitte à voir un remake, préférez-lui de loin celui de l’excellent Tom Savini…

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