Détour Mortel 3 (Declan O’Brien, 2009)

Titre original : Wrong Turn 3 : Left For Dead
Réalisateur : Declan O’Brien
Origine : États-Unis
Année de production : 2009
Durée : 1h32
Distributeur : Twentieth Century Fox Film Corporation
Interdiction : – 16 ans
Interprètes : Tom Frederic, Tamer Hassan, Christian Contreras, Jake Curran

Un groupe de prisonniers doit être transféré d’un centre pénitencier à un autre dans la plus grande discrétion afin d’éviter toute tentative d’évasion. Pour cela, Nate et Walter, deux gardiens de prison, reçoivent l’ordre d’emprunter une route éloignée de tout traversant une forêt au fin fond de Virginie. Sur la route, leur bus est renversé par une mystérieuse camionnette qui décide de les prendre en chasse. Une fois les rescapés de l’accident livrés à eux-mêmes, les rôles vont alors s’inverser : c’est Chavez, un détenu violent, qui prend les commandes du petit groupe de survivants. Leur chemin va alors croiser celui de Fonda, une jeune fille portée disparue deux jours plus tôt alors qu’elle faisait du rafting avec ses amis. Celle-ci va leur apprendre que leur « chasseur » n’est autre qu’un mutant cannibale qui les poursuivra tous jusqu’au dernier…

Si Détour Mortel 1 et 2 n’étaient pas vraiment des parangons du genre, eux au moins pouvaient se targuer d’être de bons divertissements. A côté de ses prédécesseurs, ce troisième et dernier volet de la saga fait bien triste figure… Dirigé d’une main de fer par Declan O’Brien, illustre réalisateur de Sharktopus (ben ouais, le requin mutant à tentacules, ça vous dit rien ?), le film accumule tous les bourdes imaginables en dépit d’une apparente bonne volonté de s’ériger au moins à la hauteur des deux premiers opus.

Pourtant, le film commençait plutôt bien, même s’il laissait néanmoins présager quelques points faibles qui allaient par la suite dangereusement s’aggraver. Les effets spéciaux sont plus qu’inégaux (encore et toujours ces CGI foireux…), tantôt à peine corrects, tantôt carrément moches, mais cette séquence d’ouverture avait pourtant un petit quelque chose qui pouvait nous laisser tabler sur un film fun & gore comme on en raffole sans trop se prendre la tête. Hélas, rien de tout cela dans ce Détour Mortel 3 qui ne fait preuve d’absolument aucune originalité et se contente tout juste de nous balancer à la figure ses quelques mises à mort d’une banalité à en crever ponctuée d’exaspérants concours de testostérone de la part des prisonniers.

En effet, la majeure partie du film consiste à nous faire subir des combats de coqs en chaleur qui tiennent absolument à prouver sur tous les tons qu’ils en ont dans le pantalon (« Don’t fuck with me, mothafucker ! ») sans toutefois être foutus de se dépatouiller de la merde dans laquelle ils se sont plongés à bras ouverts. Sans rire, le film souffre de longueurs tellement… longues (!) qu’il donne parfois l’impression de ne jamais avoir de fin. Détour Mortel 3 se voulant être une suite plus ou moins directe du second volet, les monstres cannibales se retrouvent donc en effectifs réduits… Et du coup, les scènes d’action aussi. Par ailleurs, le film comporte nettement moins de scènes gore que Détour Mortel 2 (voire même que le 1, qui n’en montrait déjà pas beaucoup) et sont tellement médiocres qu’il demeure presque impossible d’y croire, ne serait-ce qu’une seule seconde. Le seul point qui aurait pu être intéressant dans le film étant mis K.O d’emblée, il n’en reste plus grand-chose à tirer…

D’autre part, les personnages ont tous un don inimitable pour vous taper sur les nerfs (Chavez en tête) et sont affublés soit d’un comportement de sociopathe à la limite de l’exagération (mais seulement à la limite, hein…) soit de la vivacité d’une larve gluante qui se trémousse sur le sol les jours de pluie (Nate… mais quel mou celui-là !). Quant aux autres, eh bien, ils sont tout simplement d’une flagrante inutilité et tombent tous comme des mouches dès la première occasion. Si le scénario pouvait donner au début du film l’impression d’être plutôt bien approfondi (ou du moins d’une qualité acceptable avec son histoire parallèle de prison), force est de constater que l’illusion ne tient plus une fois la première demi-heure passée. La vérité apparait alors comme une lumière aveuglante au bout du tunnel : il ne se passe rien dans ce film. Le rythme est lent, beaucoup trop lent, et la narration n’a de cesse de se perdre dans des tergiversations inintéressantes au possible qui ne parviennent jamais à réellement faire avancer l’intrigue. Durant tout le film, l’on a la sensation de tourner en rond, et ce jusqu’à un final qui nous assène le coup de grâce sans pitié et par là même achève de nous enfoncer dans le crâne que Détour Mortel 3 ne valait définitivement pas le coup d’être vu.

Un film raté sur toute la ligne en somme (encore ?!), qui ne parvient jamais à se hisser au niveau des deux premiers Détour Mortel et qui, en plus d’être profondément ennuyeux, ne réussit pas même à nous faire sourire. Heureusement que Sharktopus est là pour nous faire rêver…

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