Détour Mortel 2 (Joe Lynch, 2007)

Titre original : Wrong Turn 2 : Dead End
Réalisateur : Joe Lynch
Origine : Etats-Unis, Canada
Année de production : 2007
Durée : 1h33
Distributeur : Twentieth Century Fox Film Corporation
Interdiction : – 16 ans
Interprètes : Erica Leehrsen, Henry Rollins, Texas Battle, Daniella Alonso

L’émission de téléréalité « The Ultimate Survivalist : Apocalypse » propose aux spectateurs de suivre le quotidien de six concurrents qui vont tenter de survivre en pleine nature durant cinq jours. Une fois le tournage commencé, chacun va faire de son mieux pour ne pas se faire éliminer et empocher les 100 000 dollars de récompense. Mais ils ne tarderont pas à se rendre compte que le danger est bien plus grand que ce qu’ils avaient imaginé et vont alors tout mettre en œuvre pour s’échapper de cette forêt maudite qui n’est en réalité rien d’autre que le territoire d’une famille de cannibales…

Il est vrai que le premier Détour Mortel ne m’avait pas tellement emballée, c’est donc avec une agréable surprise que je me laissais prendre au jeu de ce concept amusant de téléréalité exhibant son lot de stéréotypes censés faciliter l’identification du spectateur américain moyen et livrés en pâture à une horde de dégénérés cannibales. En faisant preuve d’un humour légèrement satirique, Joe Lynch (rien à voir avec David), dont c’est d’ailleurs le premier long-métrage, nous sert la suite du premier opus sans se perdre dans la redite ou (encore pire) nous fournir l’illusion d’innover avec des détails dérisoires qui n’ont pas d’autre but que nous berner pour mieux nous faire avaler la pilule.

D’entrée de jeu, le film frappe fort en mettant en scène une poupée Barbie peroxydée qui a le malheur de se trouver au mauvais endroit au mauvais moment et, surtout, en compagnie des mauvaises personnes. Les effets spéciaux de WCT Productions nous font saliver d’impatience quant à la suite de ce qui s’annonce être bien plus gore que le film précédent. Et, en effet, le film se livre à un bon petit déballage bien fun de décapitations, d’éviscérations et autres dissections à la chien plutôt dégueulasses à voir et qui maintiennent l’ambiance glauque et crade mise en place dans Détour Mortel. C’est donc une pluie de sang et de viscères qui nous dégouline dessus du début (carrément jouissif !) à la fin du film (beurk, trop dégueu…) et qui témoigne de la volonté inébranlable de Joe Lynch de nous en mettre plein la vue tout en disséminant au sein de son film des petits clins d’œil qu’apprécieront les puristes (ou pas, à voir…). Par exemple, la scène du repas vers la fin du film fait irrémédiablement penser à celle de Massacre à la Tronçonneuse de Tobe Hooper, avec lequel le premier Détour Mortel assumait déjà ses quelques similitudes. Dans le même genre, le réalisateur de l’émission « The Ultimate Survivalist » porte un t-shirt du film Battle Royale de Kinji Fukasaku, sorte de présage de la tuerie qui va suivre. Ces quelques détails, s’ils ne fourmillent pas tous dans le film, sont néanmoins appréciables, de même que l’ultime référence implicite au premier Détour Mortel par l’intermédiaire de l’accident de voiture du début qui met également le conducteur en fort mauvaise posture. Des petits détails qui, s’ils ne sont pas indispensables, rehaussent notre intérêt pour le film.

Mais parlons un peu du scénario à présent. Le concept de téléréalité, en plus d’être un peu plus original qu’une simple suite mettant de nouveau en scène un bande de jeunes paumée dans une forêt de l’Enfer, demeure bien pratique pour ne pas creuser les personnages. Caricaturaux à l’extrême, ils le sont bel et bien, mais, curieusement, ce fait n’est pas gênant outre mesure puisque nous avons admis dès le départ le postulat selon lequel il s’agit d’un échantillon représentatif de la population américaine, donc par définition cliché, pour être accessible au plus grand nombre. D’autant plus qu’à un moment donné, l’un des personnages du film (et sans conteste le plus insupportable de tous) déclare ironiquement : « (…) ils ont engagé une gouine, un sportif au cœur sensible, une végétarienne, un très chaud lapin, une miss Hollywood ; une vraie équipe de bras cassés (…) ». Voilà, c’est (très bien) dit, même si on l’avait déjà remarqué depuis un bon bout de temps, le film reconnait ouvertement que son intérêt ne réside pas dans ses personnages inconsistants auxquels il semble très difficile de s’identifier en tant que spectateur.

Non, tout l’intérêt de Détour Mortel consiste à voir de quelle manière cette « équipe de bras cassés » va se faire massacrer pas des rednecks tout droit sortis de La Colline A Des Yeux (on peut même parler de plagiat…)et qui sont par ailleurs bien plus présents et bien plus nombreux que dans le précédent opus. L’on a même l’occasion d’assister à des scènes mettant en avant leur relation de famille malade et consanguine (scènes d’accouchement, de fornication, de repas, etc.) toutes plus malsaines et répugnantes les unes que les autres. Les scènes d’action sont malheureusement sur-découpées et anarchiques (certaines réussissent même à filer la nausée) mais les scènes gore, quant à elles, comportent l’avantage d’être bien trouvées (surtout celle de fin) et techniquement plutôt réussies. D’autres sont au contraire plutôt ridicules mais elles nous font quand même rire car on s’y attendait vu l’avertissement implicite qu’impliquait la mise en abyme de l’émission de téléréalité.  En outre, la séquence « publicitaire» de l’émission au début du film est vraiment drôle tant elle témoigne de la stupidité ostentatoire de ce genre d’émissions (surtout aux States) avec une ironie mordante.

Détour Mortel 2 a également fait un effort sur la bande-sonore afin qu’elle rythme efficacement le montage des images. Tantôt fonky, tantôt stressante, la musique est présente juste ce qu’il faut du début à la fin du film et demeure en harmonie avec ce qui nous est donné à voir à l’écran. Les doublages des personnages sont également corrects, même si quelques beuglements auront suffi pour les dialogues entre les cannibales, mais le tout n’est ni exaspérant ni risible, tout ce qu’il y a de plus banal en somme.

Au final, ce Détour Mortel 2 reste une bonne petite surprise, à mon sens plus fun et plus prenant que le premier volet et qui, sans être un chef-d’œuvre dans le genre, réussit tout de même à nous faire passer un agréable moment sans jamais nous ennuyer. Un bon film gore en somme, qui ravive en nous le plaisir enfoui de voir une belle brochette de rebuts de la société se faire déchiqueter en bonne et due forme par des bêtes de foire sans pitié. A voir ou à revoir sans vergogne !

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