Hoboken Hollow (Glen Stephens, 2005)

Réalisateur : Glen Stephens
Origine : États-Unis
Année de production : 2005
Durée : 1h39
Distributeur : S.P.H.E. Distribution
Interdiction : Aucune
Interprètes : Jason Connery, Michael Madsen, Denis Hopper

Dans un petit village perdu au fin fond du Texas, les membres de la famille Broderick accueillent voyageurs itinérants, clandestins et sans-abris au sein de leur ranch, leur offrant le gîte et le couvert en échange de quelques travaux de ferme. Trevor, rescapé de la guerre en Irak, est pris en auto-stop par un camionneur et conduit jusqu’au ranch pour y passer la nuit. Il va alors découvrir à ses dépens que ses hôtes sont à l’origine de nombreuses disparitions d’auto-stoppeurs…

Eh ben… Il y a bien longtemps que je n’avais pas eu l’occasion de voir un film d’horreur aussi pesant sur le moral ! Disons-le d’entrée de jeu, Hoboken Hollow appartient à ce genre de productions cinématographiques qui atteignent un tel niveau de nullité rare que même avec la meilleure volonté du monde, il parait difficile de sauver quoi que ce soit… Voyons d’un peu plus près ce qui ne va pas dans ce survival dont la couverture de dvd était pourtant alléchante puisqu’elle signalait la présence de deux grands géants du cinéma américain : Denis Hopper (Easy Riders, Land Of The Dead) et Michael Madsen (Reservoir Dogs, Kill Bill). Leurs visages et leurs noms recouvrant presque la moitié de la jaquette, l’on pouvait naïvement supposer qu’ils tenaient tous deux les rôles-phares du film, fait important qui à lui seul valait le détour…

Et là je hurle : « MENSONGES ! » Ce dvd constitue à mes yeux une gigantesque arnaque. En effet, la durée totale des apparitions à la limite du caméo des deux acteurs s’élèvent à cinq minutes, allez, dix tout au plus, si l’on est généreux. Leurs personnages, plus que secondaires et inconsistants au possible, ne sont absolument d’aucune utilité, si ce n’est appâter le gentil cinéphile qui, loin de se méfier de ce genre de fausse publicité tout simplement scandaleuse, va se précipiter sur ce film pour avoir l’honneur de voir deux de ses acteurs préférés en rednecks charcutant de l’auto-stoppeur. Quelle déception, mes amis… Une question fondamentale s’impose alors d’elle-même : leur présence est-elle motivée par l’amour du cinéma, afin de venir en aide à un film au budget modeste, ou par l’occasion de cachetonner facile ? A vous d’en juger… Alors, après ça, que reste t-il de ce traître de Hoboken Hollow ?

Rien du tout. C’est simple, tout est nul dans ce film, à commencer par sa séquence d’ouverture outrancière et de très mauvais goût qui à elle seule le résume entièrement. Le spectateur, déjà atterré par l’ennui depuis la première minute, assiste à une accumulation grand-guignolesque de plans sanguinolents des plus éculés destinés à le faire frémir d’horreur face à la barbarie sans bornes de la famille Broderick. Lourdingue et grotesque, cette séquence donne rapidement le ton sur le contenu qualitatif de ce véritable nanar. Et par la suite, ça ne fait qu’empirer…

En effet, le film tout entier s’efforce de plagier sans talent aucun le génialissime Massacre A La Tronçonneuse de Tobe Hooper en mettant en scène les mêmes culs-terreux pervers et cannibales qui atteignent ici des sommets de ridicule. Tout est fait pour produire une ambiance malsaine et glauque à souhait, mais la surenchère dont pâtit Hoboken Hollow est telle, qu’il ne parvient pas même à nous faire sourire d’aberration. Les victimes de la famille Broderick sont affublées d’un quotient intellectuel inférieur à zéro et se comportent toutes de manière plus illogique les unes que les autres. Les dialogues sont quant à eux d’un vide intersidéral, sans parler des doublages (très certainement canadiens), absolument atroces et même carrément insupportables. Pour ce qui est du portrait de la famille Broderick, ce n’est là qu’une avalanche de clichés surfaits, mal faits et contrefaits. On n’y croit pas une seule seconde, tant ils sont transparents et caricaturaux à l’extrême. De même, on ne se prend pas une seule fois à s’inquiéter du sort des auto-stoppeurs, puisque de toute façon ils n’ont que ce qu’ils méritent pour être aussi stupides. Enfin, les scènes de meurtres, de tortures et de viols sont toutes absolument risibles tant le sadisme de cette famille consanguine est mis en avant de façon grossière et maladroite.

En plus d’un scénario inintéressant et sans doute rédigé en une seule journée, la narration en elle-même est horripilante, avec ses ellipses incessantes trop mal gérées et l’apparition inopinée d’une multitude de personnages qui ne servent strictement à rien et qu’on ne reverra plus jamais par la suite. Hoboken Hollow part dans tous les sens, ouvrent des portes qui ne seront jamais refermées pour se donner un semblant de profondeur scénaristique qui au final ne parvient qu’à perdre en chemin le spectateur excédé qui décide alors de totalement décrocher pour ne pas se vider de son sang par les yeux. Par ailleurs, la musique du film est tellement banale qu’il est impossible de se rappeler si elle était bien ou pas.

Tout en tirant la carte pseudo-gagnante « inspiré de faits réels » qui tend pourtant à tomber en désuétude et en misant sur une jaquette de dvd fallacieuse, Hoboken Hollow est un film tout simplement révoltant qui ne parvient qu’à nous exaspérer et nous donner l’envie de couper le film avant la fin ou, au mieux, à nous plonger dans une profonde lassitude. C’est donc à une œuvre soporifique totalement dépourvue d’originalité que nous avons affaire, et qui ne mérite rien de mieux que de sombrer dans l’oubli.

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